04/07/2015

Les styles de Karaté-do

L’origine du karaté

Le karaté est un art, une philosophie.Chaque homme ayant une personnalité différente,son karaté reflète sa propre interprétation, c’est ainsi que des maîtres ont fondé leurs propres styles ou ryu. Le kyokushin-kai est le nom de notre ryu. C’est Masutatsu Oyama qui crée le style en 1957, trois ans après la création de son premier dojo. Il nomme ce style le Kyokushin-kai qui veut dire l’association de l’ultime vérité. Le symbole du  kyokushin-kai est le  » kanku « .
Le kyokushin est le style de karaté considéré comme le plus dur, le plus exigeant mais également le plus efficace. Le kyokushin-kai est une organisation de karaté dons le siège (honbu) est à Tokyo. Oyama s’est servi de  toutes ses expériences de combats réels, de faire la synthèse des divers styles qu’il a pratiqué pour créer son style, ainsi naquit le kyokushin. Peu satisfait des règles régissant le karaté international, il mit au point ses propres règles de compétition au K.O. Ses règles ont conservé l’ensemble des techniques du karaté-do bien plus proche du combat réel. Il veut donner à son style une complète indépendance vis à vis des autres organisations japonaises.

Le Kyokushin-kai se développe donc seul. Cette situation n’est pas sans poser quelques problèmes, car ne dit-on pas que le karaté d’Oyama est  » douteux  » ?. Oyama veut donner à son style une renommée internationale. Il publie donc son premier livre en 1958  » What is the karaté  » qui devint très rapidement un best-Seller du karaté japonais. Dans la préface de ce livre il explique avec philosophie ce qui l’a poussé vers l’enseignement :

 » J’avais fait le vœu de tester mes limites physiques et je réalise maintenant que mon karaté était basé sur la force. Aucune profondeur spirituelle ne m’avait jamais effleuré.J’ai alors changé ma façon de voir les choses et plutôt que d’utiliser mes muscles, j’ai tenté de me servir de mon intelligence pour découvrir la vérité sur les sens de mon existence. En considérant ce que j’ai fait, je me console en me disant que je suis au moins arrivé à unifier mon propre corps et mon esprit, ce qui est peut être le véritable sens du karaté. Un prêtre bouddhiste m’a conseillé de faire profiter les autres de mes connaissances et de ne pas être égoïste, c’est pourquoi j’ai écrit ce livre.  »

En 1965 , il publie son deuxième ouvrage :  » This is karaté  » qui devint la véritable bible du karaté. 3000 pages et 20 000 photographies furent nécessaires pour la réalisation de ce livre. C’est en 1967 qu’Oyama publie son troisième livre  » Vital Karate  » et en 1970 son dernier grand ouvrage de référence :  » Advanced Karaté « . En 1958 Edward Lowe crée la branche haiwaienne du kyokushin-kai à Honolulu, l’organisation devient internationale. En 1959 Edward Lowe organise la première compétition internationale de karaté kyokushin à Honolulu. Oyama est présent à cette compétition et fait une démonstration de katas et de casse. C’est en 1966 qu’a lieu la deuxième édition de ce tournoi avec la participation de 16 pays Par la suite en 1964, Oyama crée l’International Karate Organisation (IKO). C’est seulement le 20 septembre 1969, soit 12 ans après la création de l’organisation qu’Oyama organise le premier Kyokushin-Kai All Japan Open Karate Tournament sous l’égide de l’IKO à Tokyo.Cette première compétition est remporté par Terutomo Yamazaki devant Yoshiso Soeno (fondateur du Shidokan).

Puis, en 1975 Oyama est enfin en mesure d’organiser le premier championnat du monde de kyokushin. Le maître évoque les difficultés de l’époque : « A l’époque du premier championnat du monde, j’ai arrêté mon choix sur le Budo-Kan de Tokyo, parce que c’était la seule, parmi toutes les salles disponibles, capable d’accueillir plus de dix mille spectateurs que nous savions prêts à assister aux compétitions (à une époque nous avons tenu des compétitions dans un gymnase municipal d ’une capacité de mille trois cent personnes. Il était plein, et environ cinq mille personnes ont été refusées à la porte, par manque d’espace). On nous a signalé, toutefois,que le Budo-Kan n’allait pas nous être loué. Je me suis précipité pour trouver la raison et j’ai appris par un employé d’environ trente ans que le Budo-Kan avait refusé notre demande parce qu’on pensait que le karaté kyokushin n’était pas un karaté vraiment légitime. Quand j’ai demandé au jeune homme quelle justification il avait pour cela, il a dit que le nombre de supporters d’une école de karaté détermine sa légitimité. Il a ajouté qu’il considérait une certaine école comme vraiment légitime et fut embarrassé quand je lui ai fait observer que la plus grande assistance que cette école pouvait rassembler dans leurs championnats était environ trois mille personnes, tandis que le karaté kyokushin pouvait attirer plus de dix mille personnes. Voyant que le nombre de supporters n’allait pas justifier le refus du Budo-Kan, il a dit qu’il ne pouvait pas nous louer la salle parce que du sang était répandu pendant nos tournois. Mais le sang coulait aussi aux matches de boxe que le Budo-Kan n’avait jamais hésité à accueillir. Plus tard il s’est avéré qu’un dirigeant puissant d’une autre organisation de karaté était derrière cet incident. Quelques années plus tôt, on nous avait offert une grande assistance financière si notre organisation devenait membre de cette association. Mais j’ai refusé…  »

Ce championnat a lieu à Tokyo le 1er et 2 novembre 1975 au Taiikakan, sous le nom de :  » First World Open Karate Tournament « . C’est un championnat ouvert à tous les styles, sans catégories de poids. Ce premier championnat voit la participation de 36 pays et il est remporté par Katsuaki Sato devant 23000spectateurs. Oyama veut que ses championnats du monde soient les  » Olympiades du Karaté « , et pour cela, ils sont organisés tous les quatre ans au Japon, berceau du karaté moderne. Depuis la progression est au rendez-vous, en 1979, il y avait 47 pays et 32000 spectateurs. En 1984 60 pays participants et 35000 spectateurs… Ces Championnats Mondiaux Open de Karaté où tous les sports de combats sont invités, ont vu la participation de combattants venant de tous les horizons comme : -les différents styles de karaté : Taekwondo, Shotokan, Gojo Ryu etc.. -Boxes : Boxe Chinoise, Boxe Thaïlandaise, kick Boxing, etc.. A la mort d’Oyama en 1984 l’organisation va se scinder en deux : le premier groupe dirigé par Akyoshi Matsui se déclarant héritier testamentaire, l’autre par Keiji Sampei et Yakio Nishida suivant la femme de Sôsai : Chiyako Oyama. Le testament de Sôsai en faveur de Matsui est invalidé par la justice, mais l’autre organisation joue les prolongations en appel. Cette fracture est répercutée au niveau mondial,en France, il existe deux organisations : FKKO (qui suit Midori) et EFKK (qui suit Matsui).

Le kyokushin chez les petits Le kyokushin développe chez les petits le gout de l’effort, celui du respect de soi, des autres et de la discipline. Il acquiert au fur à mesure des années une maîtrise personnelle qui lui sera utile dans sa vie professionnelle et dans ses relations. Le travail musculaire ainsi que la recherche de la précision lui permettent de développer son corps et sa personnalité.

La différence

La plus grande différence avec les autres karatés ce sont les techniques circulaires. Les techniques du kyokushin n’heurtent pas l’adversaire mais elles suivent leur sens. Le kyokushin est un style unique, les autres styles ont copiés les approches du kyokushin, car n’oublions pas qu’Oyama a été le premier à faire des techniques de casse sur des pierres et à vaincre des taureaux à mains nues.

Les techniques Oyama puise dans les formes anciennes coréennes le travail des coups de pieds auxquels il ajoute les balayages et les attaques dans les jambes, du Gojo-Ryu il emprunte les techniques de poing et le travail respiratoire, du Shotokan les principes de base du mouvement linéaire et y ajoute pour les plus gradés les formes circulaires du Taikiken de Maître Sawai. C’est donc le kyokushin qui a lancé les techniques circulaires et la mobilité. C’est techniques sont : MAWASHI GERI qui est un coup de pied circulaire, USHIRO MAWASHI GERI coup de pied circulaire à revers, etc.. Les attaques de jambes comme le KAKE-GERI(coup de pied à la rotule) etc.. Ce sont toutes ces techniques qui ont fait la particularité et l’efficacité du kyokushin.

Le kyokushin-kai en France

En France le kyokushin Karaté se développe véritablement depuis 1987, date à laquelle Sosai Oyama confia à Pascal Rouxel la responsabilité de développer le kyokushinkai qui jusque là , vivait une période trouble. En 1995, France Kyokushin Karaté Organisation est enfin crée afin d’unifier tous les clubs français désireux de pratiquer le Kyokushin Karaté au sein d’une organisation démocratique respectueuse de ses membres. F.K.K.O. est l’unique organisation qui a reçu délégation des organisations mondiales et européennes pour le développement du Kyokushin Karaté en France. Le Kyokushin Karaté est un style de karaté dont la culture et la façon d’enseigner viennent directement du Japon et qui ont été développées dans le monde entier de manière similaire. Cet enseignement est la somme des expériences acquises auprès du fondateur Masutatsu OYAMA et de sa philosophie transmise à travers tous ses livres qui restent la référence du Karaté. Maintenant FKKO est une association qui fonctionne avec un Conseil d’Administration de membres élus à chaque Assemblée Générale annuelle, qui élit en son sein les membres du bureau :FKKO compte actuellement près de 1500 membres en France.

Les personnalités Des personnalités du monde politique comme le roi Juan Carlos d’Espagne ou le défunt roi Hussein de Jordanie, son fils, l’actuel Roi de Jordanie, ou encore le Prince Faisal d’Arabie et beaucoup d’autres… Des personnalités du monde du spectacle comme les acteurs Sean Connery et plus récemment Dolph Lundgren,…ou également des chanteurs comme Michel Polnareff et Daniel Guichard…tous sont des pratiquants ou ont été des pratiquants de Kyokushin Karaté fortement influencés par la personnalité de Masutatsu OYAMA. Dolph LUNGREN est certainement celui qui a le palmarès le plus étoffé en compétition. Plusieurs fois champion de Suède, son pays natal, vainqueur de l’Open International de Grande Bretagne en 1978 dans la catégorie Lourd (+80kg), participation très remarquée en 1979, aux 2ème Championnats du Monde Open. Ensuite, Dolph Lungren s’est entièrement consacré à sa carrière cinématographique tout en continuant de s’entraîner quotidiennement avec Brian Fitkin, son instructeur de karaté connu et reconnu dans le monde entier. Dolph Lungren a passé avec succès son 3ème Dan au cours d’un passage de grade très éprouvant physiquement en juillet 1998. Après deux heures intensives de Kihon et Katas, venait le moment d’accomplir les 30 combats au KO. Là  résidait le véritable esprit du karatéka. Conclusion Le kyokushin est plus qu’un art du combat. C’est une école dotée d’une fabuleuse richesse technique où l’humilité est de rigueur, ou le respect de soi-même se gagne dans le respect d’autrui, ou le mental s’acquiert dans la rigueur nécessaire aux entraînements. En final, le combat ne représente plus qu’une partie d’un tout que l’on peut considérer comme un art de vivre.

Chronologie du Kyokushinkai

  • 1923 : Naissance de Maître Oyama, le 27 juillet, en Coree du Sud, a Qa-Ryong-Ri Yong-chi-Myo’n Chul Na Do.
    A l’age de 9 ans, il se rend en Mandchourie ou il apprend  la boxe chinoise Chakuriki, une forme de kempo, sous l’autorité de maitre Yi. Parvenu au grade de shodan, il rentre en Corée a l’age de 12 ans, ou il poursuit l’étude des arts martiaux coréens Taiken ou Chabi.
  • 1938 : Disciple du maitre Funakoshi Gichin, il étudie le karate Shotokan.
  • 1946 : Il s’isole dans la montagne pour approfondir son entrainement.
  • 1947 : Premier Championnat national du Japon, un tournoi de karate-do, qu’il remporte.
    Entre-temps, il étudie le karate Gojyu-ryu sous la férule de maitre Yamaguchi Gogen, et devient vice-président de l’organisation, avec le grade de 9eme Dan.
  • 1948 : Masutatsu Oyama s’isole une nouvelle fois 16 mois dans la montagne pour pratiquer et méditer.
  • 1950 : Premiers combats contre des taureaux. Il en tue 4 sur un total de 47 combattus.
  • 1952 : Tournée de 11 mois de démonstrations et de défis aux USA.
  • 1953 : Combat contre un taureau, a Chicago, dont il sectionne les cornes avec le tranchant de la main.
  • 1954 : Premier Dojo à Tokyo, dans un jardin public.
  • 1955 : Tournée en Amérique du Sud et en Europe, pendant laquelle il livre de nombreux combats contre des adversaires venus de tous styles de pratiques de combat.
  • 1956 : Il ouvre son Dojo dans les locaux d’une vieille école de danse.
  • 1957 : Démonstration contre un taureau dans la ville de Mexico.
  • 1958 : Parution du livre ‘What’s Karate ?’ qui deviendra un best-seller. Il est invite aux Etats-Unis par le FBI et par l’académie militaire de West Point pour instruire les recrues au karate kyokushin.
  • 1960 : Déjà 72 Branch-Chiefs à travers le Monde.
  • 1964 : Ouverture du Honbu Dojo et création de l’I.K.O.
  • 1969 : Premier Championnat national du Japon toutes catégories (‘All Japan’).
  • 1971 : A travers la publication d’une bande-dessinée « Karate Baka Ichidai », et d’un long-métrage « World’s Strongest Karate », il devient une figure célèbre dans tout l’archipel japonais.
  • 1975 : Premier Championnat du Monde toutes catégories avec 36 pays présents. Victoire de Katsuaki Sato.
  • 1979 : Démonstration en Union Soviétique.
  • 1979 : 2e Championnat du Monde toutes catégories avec 40 pays présents. Victoire de Makoto Nakamura.
  • 1983 : Démonstration sur le porte-avion ‘Jeanne D’Arc’.
  • 1983 : Premier Championnat en Hongrie.
  • 1983 : 3e Championnat du Monde toutes catégories avec 52 pays présents. Victoire de Makoto Nakamura.
  • 1987 : 4e Championnat du Monde toutes catégories avec 60 pays présents. Victoire de Shokei Matsui.
  • 1986 : Le Kyokushinkai ouvre des Dojos dans tout le Japon et devient le premier style pratiqué dans le Monde.
  • 1991 : 5e Championnat du Monde toutes catégories avec 75 pays présents. Victoire de Kenji Midori.
  • 1994 : Décès de Maître Oyama, le 26 avril, d’un cancer du poumon. nomination de Shokei Matsui par décision testamentaire au poste de Kancho.

Chapitre suivant  L’épreuve des 100 combats


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Kyokushinkai en détail

L’histoire de Maître Oyama

Esprit du Kyokushin

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